Brown out, burn out, bore out : quels sont ces syndromes liés au travail ?

Ils ont des causes et des symptômes différents, mais une similitude : ils reflètent un mal-être professionnel. Manque de motivation, épuisement, ennui : zoom sur le brown out, burn out et bore out et les moyens à votre disposition en tant que manager pour déceler les signaux d’alerte.

Brown out, burn out, bore out : de quoi parle-t-on ?

Il y a quelques années, on parlait plutôt de “plaisir” et de “souffrance au travail”, puis de “TMS” (troubles musculo squelettique). De nombreuses entreprises se sont ensuite emparé du sujet pour recruter des Chief Happiness Officers mais ce poste a peu à peu disparu. Désormais, on parle de brown out, burn out, bore out. Ces mal-être professionnels sont donc une notion mouvante qui englobe de nombreux aspects. Afin de bien comprendre et caractériser les facteurs d’alerte, il est donc important de connaitre la différence entre ces trois risques psychosociaux.,

Le burn-out est un syndrome d’épuisement professionnel : il a été défini en 1988 comme un “état d’épuisement physique, émotionnel et mental lié à une longue exposition à des situations exigeant une implication émotionnelle importante.”1

Le bore-out correspond lui à un état d’ennui. Il est caractérisé en ces termes par le dictionnaire Larousse “Syndrome d’épuisement professionnel dû à l’ennui provoqué par le manque de travail ou l’absence de tâches intéressantes à effectuer, engendrant une démotivation, une dévalorisation de soi, ainsi qu’une intense fatigue physique et psychique.”

Enfin, le brown-out, que l’on peut traduire littéralement par “baisse de tension”, se détermine par un manque de motivation dû à une impression d’absence de sens dans les tâches effectuées au travail. Selon une étude menée par Corporate Balance Concepts, sur 1000 dirigeants américains interrogés, 40% d’entre-eux souffrent de brown-out.


Comment déceler les signaux d’alerte et y répondre

Comme le soulignent les définitions énoncées, les 3 symptômes ont des causes différentes : surcharge de travail, manque de reconnaissance, ennui, absence de sens. Pour pouvoir y apporter une réponse appropriée, à vous donc de trouver la cause du problème. Comment ? Des signaux peuvent vous alerter, ils peuvent être verbaux ou non verbaux, collectifs ou individuels, on peut noter notamment :

  • Un manque de motivation, une perte d’énergie, une difficulté à se concentrer,
  • Des troubles de l’alimentation ou du sommeil, des douleurs diffuses,
  • Une perte d’estime de soi, de confiance, un détachement,
  • Un temps de travail disproportionné ou au contraire insuffisant,
  • Ou encore une apparition d’accidents du travail.

Cette liste n’est pas exhaustive et les manifestations de ces maux peuvent être nombreuses. En tant que manager, soyez particulièrement à l’écoute afin de déceler d’éventuels signes de ce type pouvant indiquer un syndrome d’épuisement professionnel. En cas de doute, n’attendez pas : organisez un échange informel, de préférence en présentiel, avec la personne concernée afin de faire part de vos inquiétudes et surtout d’engager un dialogue.

Vous pouvez également vous saisir de certaines ressources telles que le guide d’aide à la prévention sur le burn-out édité par l’Anact, l’inrs et le ministère du travail. Dans son volet sur la prévention, l'accent est mis sur les éléments suivants

  1. Informer et former les travailleurs
  2. Veiller à la charge de travail de chacun
  3. Garantir un soutien social solide
  4. Donner des marges de manœuvre
  5. Assurer une juste reconnaissance du travail
  6. Discuter des critères de qualité du travail

Si vous ou une personne de votre équipe a besoin d’aide, il vous est également possible d’alerter le service de santé au travail, de faire appel aux dispositifs de soutien au sein de l’entreprise, à l’infirmier d’entreprise, ou bien à l’équipe de ressources humaines.

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(1) Pines et Aronson, 1988