Des outils sociaux pour éviter d’accroître le chômage et rebondir

Après l’activité partielle, le chômage de masse ? Pour éviter le recours au PSE, les entreprises disposent aujourd'hui de nombreux outils qui permettent de répondre à des crises conjoncturelles ou évolutions structurelles. Choisir les dispositifs adaptés à chaque situation suppose de s’appuyer sur un dialogue social fort et transparent. Tous les acteurs de l’entreprise ont à y gagner.

Marine Roussannes et Marie Bouny, Directrices au pôle Conseil de LHH
RH, social, rebond, chômage
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Des outils sociaux pour éviter d’accroître le chômage et rebondir

Actuellement, les entreprises des secteurs les plus exposés à la crise ont placé la quasi-totalité de leurs salariés en activité partielle. Une respiration artificielle qui ne peut être que temporaire. Comment les entreprises vont-elles survivre au choc de son arrêt ? La reprise d’activité sera réduite dans certains secteurs et les entreprises qui n’avaient pas su se réorganiser au cours des dernières années auront du mal à retrouver leur niveau de performance antérieur. Pour d’autres, une partie des difficultés conjoncturelles pourraient devenir structurelles.

Certains observateurs craignent une multiplication de plans de sauvegarde de l’emploi (PSE) qui accroîtrait un chômage déjà en hausse de 10 % depuis le début de la crise. Cela semble être la solution de facilité : les entreprises savent qu’elles peuvent l’imposer, même sans signature d’un accord, et atteindre leurs objectifs de réorganisation dans un délai précis. Mais, c’est aussi le choix le plus radical, car il implique des départs contraints, et le plus onéreux pour les entreprises.

Face à une crise inédite, l’Etat a su prendre ses responsabilités. Selon l’OFCE, en 2020, le coût de l’activité partielle pour l’Etat et l’Unedic devrait atteindre 29 milliards. Le « quoiqu’il en coûte », est un lourd investissement, que la collectivité devra assumer tôt ou tard. Les entreprises doivent aussi jouer leur rôle. Certaines prennent conscience que le PSE n’est pas la seule solution. En accroissant son chômage, le pays ne pourra se redresser et les entreprises en pâtiront inévitablement. Et quand la croissance reviendra, les compétences perdues manqueront.

Des négociations de fond

Beaucoup d’autres outils existent et ils peuvent être combinés, pour répondre à des enjeux souvent multiples dans une même entreprise. Pour éviter les départs contraints du PSE, on peut bien sûr choisir des dispositifs de départs volontaires, comme le plan de départs volontaires (PDV) ou la rupture conventionnelle collective (RCC) créée récemment. Ou encore, si le calendrier le permet, la gestion des emplois et des parcours professionnels (GEPP) qui favorise les mobilités et les reconversions professionnelles.

Mais d’autres dispositifs peuvent également être mobilisés, comme l’accord de performance collective (APC) et l’activité partielle. Ils complètent une boîte à outils dans laquelle figurent aussi l’accord de compétitivité, l’accord sur le temps de travail et la transition collective. L’APC et l’APLD présentent plusieurs avantages : ils limitent les pertes des entreprises, peuvent être « réversibles », protègent les salariés du chômage, préservent les compétences, coûtent beaucoup moins cher et ont un impact moindre sur l’image employeur.

Certaines entreprises hésitent à se lancer, car un APC implique la signature d’un accord majoritaire ou l’organisation d’un référendum. Ce qui suppose des négociations de fond ouvertes et transparentes, souvent complexes dans un contexte sensible. Mais la crise n’est-elle pas l’occasion de repenser le dialogue social sur un sujet qui concerne directement tous les acteurs de l’entreprise ?

En profitant des semaines de protection accordées par l’Etat, les entreprises peuvent inviter leurs partenaires à évaluer ensemble les impacts sociaux par activité, à rechercher les solutions les plus adaptées à chacune, voire à contrôler l’efficacité des dispositifs choisis par la définition d’indicateurs précis. Et ainsi marquer les esprits par leur investissement social, économiquement pertinent.

Des acteurs incontournables des transformations

Avoir une vision stratégique des questions sociales, c’est-à-dire s’adapter à la situation, utiliser les meilleurs dispositifs au bon moment, tout en réfléchissant aux évolutions à moyen terme, est un pari gagnant pour l’entreprise. C’est également vrai pour les syndicats qui montrent leur capacité à préserver des emplois et à trouver des solutions dans l’urgence.

En développant l’analyse les situations, pour imaginer et construire des solutions adaptées afin de préserver l’emploi, les partenaires sociaux accroissent l’importance de leur rôle. Ils sont des acteurs incontournables des transformations. Entreprises et syndicats ont aujourd’hui un train collectif à prendre, pour appréhender les mutations de l’entreprise, comme un projet collectif porté par le dialogue social.

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